Hier il nous a fallu dire adieu à celui qui a eu le courage de ses opinions et qui a hurlé à la face du monde civilisé :
"Papayou, papayou, papayou, papayou lélé
J’ai le plus beau des papayou lélé
Qu’on ait vu depuis des années
Papayou, papayou, papayou, papayou lélé
Ma mère me disait faut pas le montrer
Ça f’rait des jaloux dans le quartier"
Pour me remettre de ce choc je me suis dit qu’un peu de culture serait idéal. J’ai donc dit à mon amoureuse : "Allez hop, prends ton pass’Navigo j’te conduis en RER à l’expo de Courbet au Grand Palais !" Ni une ni deux, elle s’est exécutée; non pas à cause de l’autorité naturelle qui émane de mon être et qui m’a valu une très confortable élection au poste envié de délégué de classe en 5ème au collège des Louvrais mais parce que cela faisait plusieurs mois qu’elle me demandait 20 à 25 fois par jour à quand j’allais me décider à l’y emmener (oui, elle est très patiente et très déterminée).
Donc hier nous sommes allés voir ça :
.jpg)
Bon alors je ne vais pas vous faire un cours d’histoire de l’art (j’en serais bien incapable) sur Gustave Courbet et son importance dans la peinture et tout et tout mais mon avis de néophyte c’est que le Gus il avait la classe tout de même. J’ai trouvé l’expo est un peu longuette, la quantité ne faisant pas toujours la qualité… Surtout qu’on termine par des salles pas terribles, si on m’avait demandé mon avis sur la scénographie (ce qu’étrangement personne n’a fait) je n’aurais pas organisé l’exposition de cette façon. Bref, voici deux de ses tableux les plus célèbres, l’Enterrement à Ormans et l’Atelier :

Avec bien sûr le point culminant de l’expo, l’Origine du monde. C’était assez drôle car il se trouve dans une toute petite pièce, c’est assez intime mais du coup personne n’ose s’approcher du tableau. Alors que les gens se rapprochent des autres toiles sans souci là tout le monde rest à une distance respectable. Allez savoir pourquoi…

Mais y’a un tableau qui m’a causé du tracas. C’est celui qui à la base était mon préféré, l’Homme blessé, un autoportrait:

Le souci c’est qu’en plus d’être talentueux (ce qui fait vibrer mon amoureuse) il était plutôt beau gosse le Gus (ce qui la fait vibrer encore plus). Donc on est là devant le tableau et elle me dit : "Il est beau hein ?" J’acquiesce, convaincu. On reste un peu devant puis j’avance. Seul. Je regarde ce qu’il y a autour puis je reviens devant cet autoportrait rejoindre ma belle. "Il est beau hein ?" J’acquiesce à nouveau, moins convaincu, je commence à lui trouver un petit air pétentieux à ce frimeur. Je repars. Seul encore. Je prends donc délicatement son bras pour qu’elle m’accompagne, ce qu’elle fait visiblement à regret (parano moi ?). Et là je me dis que finalement ce Monsieur Courbet il commence à me chauffer les oreilles sévère. Plus tard on se retrouve donc dans le moyen de transport public sensé nous ramener à notre home sweet home que j’avais royalement réservé mais qui malgré tout était bondé et là tout sourire elle me dit : "Il est vraiment beau l’Homme blessé. Non ?" Enfoiré de Courbet !